Verveine, serpolet, carvi — les plantes oubliées du Velay
Retour sur les plantes emblématiques de la Haute-Loire que nous faisons revivre en liqueur. Verveine odorante, serpolet, carvi : leurs histoires, leurs vertus, leurs accords.
Quand on demande à quelqu’un de nommer une plante de montagne française, la réponse vient vite : le génépi, l’arnica, la gentiane. Plus rarement : la verveine odorante, le serpolet, l’aurone. Ce sont pourtant des plantes qui ont accompagné, pendant des siècles, la vie quotidienne des familles du Velay. On les retrouvait dans les tisanes du soir, dans les liqueurs des grand-mères, dans les placards de cuisine. Elles ont presque disparu du commerce — pas des jardins.
La verveine odorante (Aloysia citrodora)
La plus connue de nos signatures. À ne pas confondre avec la verveine officinale, plus amère et plus ancienne médicinalement : la verveine odorante, elle, est une plante du sud — originaire du Chili, acclimatée au XVIIIᵉ siècle par Jussieu, et qui a trouvé dans la Haute-Loire un terrain à sa mesure.
Ses feuilles froissées libèrent une note citronnée éclatante. À la dégustation, elle tire vers le melon vert et la verveine tilleul, avec une longueur florale.
C’est elle qui construit le cœur de notre Herbe des Druides (28°) — que France Bleu a présentée dans sa rubrique Le Produit du Jour, en la qualifiant d‘“expression la plus noble de la verveine artisanale”. Elle entre aussi dans L’Alchimie Végétale, où elle se fond à 26 autres plantes.
Le serpolet (Thymus serpyllum)
Cousin sauvage du thym commun, le serpolet pousse spontanément sur les pentes sèches et ensoleillées du Velay. Petit, discret, il tapisse les pierres. Son parfum est plus mentholé, plus sauvage, que celui du thym — avec une note camphrée qui tempère joliment l’alcool d’une liqueur.
On dit parfois que c’était la plante préférée des bergers — qu’ils le mâchaient pendant la transhumance pour se rafraîchir. Chez nous, il adoucit la verveine de L’Herbe des Druides et apporte sa note herbacée au Gorgeon des Machurés.
Le carvi (Carum carvi)
Longtemps confondu avec le cumin (c’est pourquoi on l’appelle aussi cumin des prés), le carvi est une ombellifère dont on utilise les graines. Son arôme est profond, terrien, légèrement anisé — c’est ce qui donne à l’aligot stéphanois et à certains fromages auvergnats leur caractère.
En liqueur, le carvi ancre les notes florales et mentholées. Sans lui, nos assemblages paraîtraient plus “éthérés” mais moins complexes. C’est la basse dans l’harmonie.
L’hysope, l’aurone, la mélisse : les secondes mains
Chaque plante a son rôle. Autour de ce trio de base, nous travaillons aussi :
- L’hysope (Hyssopus officinalis) — cousine de la lavande, avec une pointe de camphre. Elle entre dans l’Essence des Alpes.
- L’aurone (Artemisia abrotanum) — cousine de l’absinthe, beaucoup plus douce, avec une note épicée. C’est elle qui donne au Gorgeon des Machurés sa profondeur et qui structure la Verveine CBD Aurone de la gamme Lumière Obscure.
- La mélisse (Melissa officinalis) — la grande apaisante des herboristeries. Florale, légèrement citronnée, presque sucrée. Clé dans La Lime des Prés où elle remplace le citron.
Pourquoi revenir à ces plantes ?
D’abord pour des raisons de goût : elles offrent une palette que les arômes industriels ne savent pas reproduire. Ensuite pour une question de territoire : travailler avec des plantes qui poussent sur nos pentes, ou chez les producteurs voisins, c’est donner un sens concret au mot “terroir”.
Enfin, pour une raison un peu plus intime : ces plantes ont une histoire. Nos grand-mères les connaissaient. Les oublier, c’est oublier un savoir. Les remettre en bouteille, c’est une manière de rendre ce qu’on nous a donné.
Pour aller plus loin : notre gamme Brasserie des Plantes (L’Alchimie Végétale, L’Herbe des Druides, Le Gorgeon des Machurés, La Lime des Prés, Le Nectar d’Ostara, La Flèche Ardente) compose autour de ces botaniques.
Cofondateur de La Brasserie des Plantes. Formé à la biotechnologie végétale à Toulouse, il compose les recettes et supervise les macérations.