Trois amis, une brasserie — comment la Brasserie des Plantes est née
Étienne, Guillaume et Bastien racontent les débuts : l'école à Saint-Didier-en-Velay, les premiers essais au garage, l'arrivée de la production artisanale en Haute-Loire.
Un soir de 2020, dans une arrière-cuisine de Saint-Étienne, Étienne et Guillaume ouvrent une bouteille expérimentale. Trente-deux essais derrière eux, et cette fois, c’est la bonne. La verveine tient, le serpolet adoucit, le carvi appuie. “Il y a quelque chose, là.” C’est la première version de ce qui deviendra, trois ans plus tard, L’Herbe des Druides.
C’est aussi à ce moment précis qu’une idée devient un projet.
Des bancs de l’école à l’atelier
Étienne et Guillaume se connaissent depuis la cour de récréation, à Saint-Didier-en-Velay. Ce village du Velay, à la lisière de la Haute-Loire et de la Loire, est posé entre les contreforts du Massif central et la vallée du Gier. Peu d’industrie, beaucoup de pentes, des plantes sauvages partout.
Chacun prend sa route. Étienne étudie la biotechnologie végétale à Toulouse — comprendre les molécules, les macérations, les équilibres aromatiques. Guillaume ouvre un bar-restaurant à Saint-Étienne, côté service, côté clients, côté carte. Ils se revoient tous les ans, en été, à Saint-Didier.
En 2019, la conversation change de ton. “Et si on faisait quelque chose ?” On sait ce qu’on ne veut pas : ni une distillerie à l’américaine, ni une marque marketing. On sait ce qu’on veut : des plantes qu’on reconnaît, un territoire qu’on revendique, un geste qu’on maîtrise.
Le garage, les premiers essais
Pendant dix-huit mois, Étienne formule dans un garage. Les macérations traînent sur des rayonnages en plastique, les bouteilles expérimentales sont étiquetées à la main, les étiquettes disent toutes “test-37”, “test-48”. Certaines finissent dans l’évier. D’autres passent à la dégustation — chez Guillaume d’abord, puis chez des cavistes amis à Saint-Étienne qui font office de premier jury.
Le ratio verveine / serpolet / carvi de L’Herbe des Druides se stabilise au test 54. L’idée d’Alchimie Végétale — plus complexe, 27 plantes — commence en parallèle. Ce sera long : quatre ans de recherche et développement avant que cette liqueur ne soit présentée à un concours international.
En mars 2021, La Brasserie des Plantes est déclarée au greffe de Haute-Loire. Atelier loué à Saint-Didier, cuves achetées d’occasion, première série mise en bouteille en juillet. Onze cavistes locaux prennent les premières palettes.
L’arrivée de Bastien, septembre 2023
Étienne et Guillaume savent très bien formuler et vendre. Ils sont moins à l’aise avec la rigueur industrielle — le respect millimétré des dosages, la traçabilité, la répétabilité.
En 2023, Bastien les rejoint. Originaire des Hautes-Alpes, il a travaillé plusieurs années chez un spiritueux bio alpin. Il apporte ce qu’il faut : les fiches techniques, les registres, les procédures de nettoyage, l’œil sur la propreté des cuves. Sans lui, pas de médailles — les concours regardent autant le produit que la constance.
Le déclic : Londres, avril 2025
Le 17 avril 2025 à Londres, aux World Drinks Awards, la liqueur L’Alchimie Végétale est couronnée Meilleur Digestif du Monde 2025. Les résultats tombent dans la nuit. Le téléphone sonne très tôt le matin. On ne s’y attendait pas. On ne s’y attendait pas du tout.
La suite — la demande qui double, les distributeurs étrangers qui appellent, les articles de presse, les rendez-vous au salon — nous l’avons racontée dans notre revue de presse printemps 2025. L’essentiel reste ailleurs : dans l’atelier, dans les cuves, dans les gestes qui n’ont pas changé.
Ce qui n’a pas changé
- Saint-Didier-en-Velay. Nous n’avons pas quitté le village. L’atelier est à 300 mètres de l’école où Étienne et Guillaume se sont rencontrés.
- Les plantes. Toujours bio, beaucoup produites par nous ou par nos voisins partenaires.
- L’embouteillage à la main. Un remplisseur semi-automatique pour les grosses séries, un embouteillage manuel pour les éditions limitées. Chaque bouchon est posé à la main.
- La taille de l’équipe. Trois. Étienne, Guillaume, Bastien. Ça suffit.
Envie d’en savoir plus ? Lisez notre histoire complète ou venez nous rencontrer à Saint-Didier-en-Velay — nous sommes ouverts du lundi au samedi.
Cofondateur de La Brasserie des Plantes. Ancien restaurateur à Saint-Étienne, il conçoit les accords cocktails et le discours produit.