Terroir · · 7 min de lecture

Onze producteurs bio partenaires — notre circuit de plantes en Haute-Loire

Les plantes qui entrent dans nos liqueurs viennent de nos parcelles ou de onze producteurs bio de Haute-Loire et des environs. Tour d'horizon de notre filière courte.

Onze producteurs bio partenaires — notre circuit de plantes en Haute-Loire

Quand nous avons démarré en 2021, nous étions à trois producteurs partenaires. En 2025, nous en comptons onze. Tous sont certifiés bio, tous basés en Haute-Loire ou dans les départements voisins, et tous nous connaissent par leur prénom. C’est ce qu’on appelle un circuit court — mais c’est surtout un écosystème que nous avons construit lentement, par visites, par dégustations, par confiance.

Pourquoi une filière courte

Trois raisons, toujours les mêmes :

  1. Traçabilité — nous savons de quel champ vient chaque plante. Si un lot a un souci, on remonte la chaîne en 24 heures.
  2. Qualité — les producteurs partenaires récoltent à la bonne saison, à la bonne heure, et nous livrent dans les 48 heures. Une verveine cueillie le mardi matin est en cuve le mercredi après-midi.
  3. Territoire — chaque euro que nous dépensons en matière première reste en Haute-Loire (ou très près). Pour un village comme Saint-Didier-en-Velay, ce n’est pas anodin.

Nos propres parcelles

Nous cultivons nous-mêmes environ 40 % de nos plantes signatures. Principalement la verveine odorante, la mélisse, le serpolet sauvage que nous cueillons sur des pentes bien exposées, et quelques aromatiques moins courantes (aurone, hysope, thym-citron, estragon mexicain).

Les parcelles, trois au total, sont situées à moins de 5 kilomètres de l’atelier — on y passe en vélo en moins de 15 minutes.

Les onze partenaires

Par respect de nos producteurs, nous n’affichons pas ici tous les noms — certains préfèrent l’anonymat et nous respectons ce choix. Nous pouvons présenter les grandes familles :

Les gentianaïres auvergnats (2 partenaires)

La gentiane jaune (clé du Cerf’Gent) vient de deux gentianaïres professionnels qui récoltent à la main les racines, entre 1000 et 1600 m d’altitude, sur le plateau de la Margeride et les versants du Pilat. C’est un métier rare — une centaine de personnes en France.

Les plantes aromatiques du Velay (4 partenaires)

Quatre exploitations bio qui produisent nos carvi, anis, coriandre, sauge ananas, basilic et thym. Toutes entre Saint-Étienne et Le Puy-en-Velay, dans un rayon de 40 km.

Les cueilleurs de sauvage (2 partenaires)

Deux cueilleurs professionnels (profession officielle, avec formation PNR) qui nous fournissent le serpolet sauvage en complément de notre production, les fleurs de coquelicot et le sureau noir sauvage.

Les apiculteurs (2 partenaires)

Pour nos miels (miel de châtaignier en cocktails, miel de forêt dans certaines éditions limitées) — deux apiculteurs du Pilat et du Velay.

L’arboriculteur (1 partenaire)

Zestes d’orange amère, pommes, myrtilles sauvages pour certaines recettes — un arboriculteur bio des coteaux du Rhône.

Ce que nous importons (et pourquoi)

Soyons honnêtes : six plantes dans L’Alchimie Végétale ne peuvent pas être cultivées en Haute-Loire. Cannelle de Ceylan, cardamome verte, combava, anis étoilé, réglisse, agrumes tropicaux — nous les sourçons auprès de deux grossistes bio européens spécialisés en herboristerie, avec traçabilité complète.

Environ 15 % de notre matière première est ainsi importée. Nous ne cherchons pas à le cacher — importer de la cannelle de Ceylan pour faire de la cannelle locale n’aurait aucun sens.

Un cycle qui fonctionne

Au fil des saisons, notre calendrier ressemble à ceci :

  • Avril-mai : cueillette des plantes précoces (sureau, verveine première pousse, serpolet en plaine)
  • Juin-juillet : pleine saison aromatique (mélisse, thym, coriandre, camomille)
  • Août-septembre : récolte tardive (carvi, lavande, hysope), début des racines
  • Octobre-novembre : récolte des racines (gentiane, angélique, réglisse) avant les premières gelées
  • Hiver : macérations longues, tests de nouvelles recettes, visites chez les producteurs, préparation du plan de plantation suivant

Ce qui change quand on connaît ses producteurs

Concrètement, cinq choses :

  1. La qualité monte naturellement — on ajuste chaque année avec retour direct
  2. Les prix restent stables — pas de pression sur les marges, pas de renégociation annuelle
  3. Les volumes s’adaptent — quand la demande explose (comme après Londres 2025), on peut doubler un ordre en deux semaines
  4. Les variétés se testent — un producteur nous dit “tiens, j’ai planté un carré de basilic citron, tu veux essayer ?”, et on essaie
  5. Les gens deviennent des amis — certaines récoltes se font en commun, avec l’équipe du producteur et nous trois

À lire aussi : Trois amis, une brasserie · Verveine, serpolet, carvi — les plantes oubliées du Velay · L’Alchimie Végétale, 27 plantes.

G
Écrit par
Guillaume
Accords et usages

Cofondateur de La Brasserie des Plantes. Ancien restaurateur à Saint-Étienne, il conçoit les accords cocktails et le discours produit.

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Les plantes dont on parle ici se retrouvent dans nos flacons.

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