Les débuts racontés par la presse agricole — *Réussir* Massif Central, 2021
En mai 2021, Réussir - Agriculture Massif Central publiait l'un des premiers portraits de la Brasserie des Plantes. Retour sur un article qui parle moins de nous que de plantes oubliées.
Notre premier passage dans la presse professionnelle date du 4 mai 2021, dans Réussir – Agriculture Massif Central (PAMAC), le titre de référence de l’agriculture régionale. À l’époque, nous venions tout juste de déclarer l’entreprise. Trois bouteilles à la carte. Onze cavistes partenaires. Un atelier loué de quelques dizaines de mètres carrés.
L’article, titré “Entreprenariat : des liqueurs artisanales à base de plantes oubliées”, nous a d’abord fait sourire par son mot “entreprenariat” — un peu sérieux pour deux copains qui macéraient de la verveine dans un garage. Mais l’angle choisi par la rédaction a durablement structuré notre discours.
Pourquoi cet article compte
Avant Réussir, personne n’avait écrit sur nous. C’était le premier miroir qui nous renvoyait ce qu’on faisait, mis en mots par quelqu’un d’extérieur. On a appris trois choses en le lisant :
- Ce que nous faisions ne tenait pas d’abord à un produit, mais à une chaîne — de la plante cultivée aux producteurs voisins jusqu’à la bouteille embouteillée à la main. Le journaliste avait compris ça tout de suite.
- “Plantes oubliées” était une expression qui parlait. On hésitait à l’utiliser parce qu’elle semblait nostalgique. En la voyant imprimée, on a compris qu’elle disait quelque chose de juste.
- L’angle agricole comptait autant que l’angle artisanal. Nos producteurs partenaires — quelques exploitations bio du Velay — étaient aussi importants que notre propre atelier. L’article l’avait noté avant nous.
Ce que disait l’article
La journaliste de Réussir avait passé la matinée avec Étienne dans le garage qui nous servait d’atelier. Elle avait noté, entre autres :
- Étienne et Guillaume étaient des amis d’enfance, l’un formé à la biotechnologie végétale à Toulouse, l’autre ayant fait sa carrière dans la restauration à Saint-Étienne.
- La gamme initiale comptait trois liqueurs : L’Herbe des Druides, Le Gorgeon des Machurés et L’Alchimie Végétale (qui n’avait alors que trois ans de maturation derrière elle, loin des quatre qu’elle aurait avant Londres).
- Nous travaillions déjà avec six producteurs partenaires pour la matière première — figure qui est passée à onze aujourd’hui.
- L’ambition affichée était “pas une marque, une ferme transformée” — formule que nous n’avons jamais démentie.
Ce qui a changé, ce qui n’a pas changé
Quatre ans plus tard, nous relisons cet article avec l’affection qu’on porte aux vieux cahiers d’école. Les erreurs mineures nous font sourire — un nom mal orthographié, un volume de production surestimé — mais l’esprit est juste.
Ce qui a changé :
- De 3 références → 18 références aujourd’hui
- De 11 cavistes → plus de 100 points de vente en France
- De 2 personnes → 3 personnes (Bastien a rejoint en 2023)
- De “jeunes entrepreneurs à suivre” → Meilleur Digestif du Monde 2025
Ce qui n’a pas changé :
- Saint-Didier-en-Velay
- Les plantes bio, la plupart cultivées par nous ou par nos voisins
- L’embouteillage à la main
- L’idée qu’une liqueur, c’est d’abord un paysage mis en bouteille
Ce qu’on garde
L’article de Réussir reste dans un dossier qu’on ouvre rarement, mais qu’on aime ouvrir quand un doute passe. Il rappelle d’où on vient. Il rappelle que les choses sérieuses commencent souvent petit — dans un garage, avec trois bouteilles et un ami qu’on connaît depuis la maternelle.
Il rappelle aussi que la presse agricole comprend parfois mieux les produits artisanaux que la presse grand public : parce qu’elle connaît la chaîne, le producteur, la saison. Avant les titres tapageurs de 2025, il y a eu cet article-là, plus modeste, plus juste.
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Cofondateur de La Brasserie des Plantes. Ancien restaurateur à Saint-Étienne, il conçoit les accords cocktails et le discours produit.